Vendredi 16 mai 2008


La cage

On a la sensation, certains jours, que les gens se comportent comme des ombres d'humains qui courent après des mots en lettres CAPITALES, des mots forts comme la vie, qui absorbent la leur. Stade 0.

 


Babylone.

Tours de Babel, gratte-ciel, obélisques, fusées spatiales, monuments hors de portée, constructions érigées. Faites que l'homme dépasse l'humain!

 


De Babel à Babylone.

Naissance des langues et dispersion. Tout le monde parle, plus personne ne s'entend. Bilboul en hébreu. Premiers jeux Olympiques de celui (ou celle) qui gueulera le plus fort. On finit toujours par y participer. Même si de ce charabia-là, on n'en veut pas. Malentendus, qui-pro-quo, discours de sourds-dingues.
Et soudain, c'est le silence.
Silence! Chacun ronge son frein.

 
9/11

Nos langages de frontières se dissolvent dans la Nitro. Jusqu'au jour où les Tours jumelles explosent.

 


Royaume de Babylone.

L'organisation de sa société s'établit autour d'un seul principe: la hiérarchie. Tout en haut, il y a les dieux, couronnés de pouvoir. Sous les dieux, couchés à plat ventre, il y a les Hommes Libres. Crées à l'image des dieux, c'est à dire bienheureux. Quelle chance! Mais le cadeau a un prix. Ces hommes, libres, mais reconnaissants, seront les serviteurs du Pouvoir.
Sous les hommes libres, on croise le muškenū (d'où dérive le mot français « mesquin »), qui n'est pas soumis au service des rois et des dieux, plus proche d'un sujet de droits civils réglementant les ranchs et les enclos.
Tout en bas de l'échelle de cette société, on trébuche sur l'esclave. Maltraité ou bien nanti, l'esclave né et meurt ainsi. Lié par droit de vie et de mort à son maître, l'esclave appartient à son maître qui appartient à ses dieux.

 
Qui sont ces dieux qui nous prennent la tête?

Le passé n'est plus, le futur n'est pas encore. Le présent seul, est. La conscience est ce travail qui consiste à le saisir.
Mais la fatalité est une invention dont le but est de saisir quelque chose de fixe dans la mutabilité permanente du temps. La fatalité est une divinité, immanente à notre compréhension de la vie. Une femme, absente au présent, rejoue son passé, ressasse sans cesse son récit, et invoque le Destin. Comme une chanson dont elle ne connaît que le refrain, parce que plus simple à retenir.

 "On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve". Rajoutons que le baigneur n'est jamais deux fois le même homme.
Mais la définition et le jugement sont tellement plus commodes pour nos esprits réducteurs. Le jugement est un dieu coupeur d'être. Le verdict que l'on dicte sur son prochain, s'imprime en lui, et le creuse en profondeur, jusqu'à le fendre, avec la violence d'un arbre foudroyé.
Cette femme et cet homme se sont aimés, puis ils se sont tordus. De maladresses et malentendus, en jugements faciles, ils se sont condamnés l'un l'autre. La pente était glissante. Ils l'ont dévalée, la famille a tourneboulé. Mais si une fois seulement, ils avaient été capable de supposer que leur jugement pouvait être une erreur, ils auraient alors pu se reprendre, et se réapprendre.

 
Histoire de peau.

La peau tatouée est le support d'une histoire, belle ou grotesque. Le tatouage est le dessin d'une forme complète, imprimé sur une matière vivante. Si le tatouage est un Art, la peau est une toile, tendue, puis détendue, une toile vivante, en continuité avec la Nature. Et ce tatouage, si beau lorsqu'il était frais, qu'on disait chef d'œuvre, est aujourd'hui bien pale, sur sa toile de peau que le soleil et le temps n'ont pas oubliée. Que dit l'Art? Que répond la Nature? L'histoire de la toile de peau dépasse celle du dessin. Lorsque cette peau sera vieille, le tatouage se pliera à ses reliefs de l'age. Et quand viendra la mort, la toile de peau continuera encore à caresser l'infini dans la poussière, le vent et les fleurs…
Tandis que le tatouage, comme une idole brisée, ne sera plus qu'une belle idée.

 


"Idolâtrisme. The System is Babylon.

FORCE
ARGENT
HONNEUR
RESPECT
POUVOIR
TRADITIONS
SUPERSTITIONS

Toutes les idées qui se bâtissent en systèmes politique, religieux, social et économique sont des statues titanesques élevées dans nos cerveaux. Dressés aux quatre coins de nos périmètres de liberté, les piliers des idoles de toujours, sont les principes qui nous gouvernent, qui nous frustrent, qui nous emmerdent. Il est quasiment impossible de les contourner.

HYPOCRISIE
INHIBITION
NEVROSES

Jusqu'au jour on décide la dissidence.
Au dessus des divinités en –Isme, il y a la vie, plurielle, variée, changeante, protéiforme, la vie en métamorphoses.

 

Babylon: "JE VOUS NOURRIS, ET VOUS DEVORE !"

Une femme: "Tu nous a tous endormis, avec tes promesses de réussites et de prospérité"

Un homme: "J'étouffe dans ton air"

Une femme: "Avec tes questions de principe et de respect, tu as fait de nous autres, femmes et hommes, des susceptibles"

Un homme: "Vers où partir? Où n'es-tu pas?"

En cœur: " Nous n'avons plus ni dieux, ni pères. Nous avons laissé derrière nous leur colère et leur ressentiment. A présent, nous sommes seuls. Et notre enfant est né. Apprenons lui à libérer les idées. Montrons lui la vie, cette énergie sans cesse renouvelée."

Plus tard.

L'enfant: " Good-bye Babylon"

par Joanne A.H.
ajouter un commentaire recommander commentaires (1)   
Vendredi 9 mai 2008

 


La performance artistique du photographe a produit un effet éclatant sur les consciences de centaines d'Israéliens et de Palestiniens. A ce jeu du Qui-est-qui, il est bien difficile de se décider. Qui est l'enfant de Jérusalem? Qui est l'enfant de Ramallah? Bien qu'elle soit sensible, la photo ne capte pas cette différence là.

La photo qui saisit le temps, le mouvement, comme la guerre prend la vie, que nous  restitue-t-elle? La vie justement. Eclatante dans l'œil de l'enfant, un sentiment extrême que dessine sa bouche, un humain en somme, rien qu'un humain. Pourtant, nous qui vivons sur la terre d'Israël/Palestine, nous ne la saisissons pas cette base commune, l'humaine condition, cette chose la mieux partagée. Des murs d'in-conscience sont figés droitement dans nos têtes, on les dirait inébranlables.

C'est triste, finalement, d'en arriver à coller des photos qui contournent les barrières de nos esprits, sur ce grand mur de la honte; alors qu'il suffirait d'y faire une brèche, une vraie, celle qui commence dans la pierre, et qui se poursuit dans les esprits…





par Joanne A.H. publié dans : Billets communauté : Pour un monde meilleur
ajouter un commentaire recommander commentaires (0)   
Mercredi 7 mai 2008


Animation

Prestidigitation

Art de la transformation

Voir et revoir, en boucle, les boucles de ce circus-evolution.







par Joanne A.H. publié dans : Billets communauté : Vidéo-arts
ajouter un commentaire recommander commentaires (1)   
Mercredi 7 mai 2008

La guerre est terminée.

La Hache enterrée.

L'Indien allume le calumet,

 
Quand l'Indien des Amériques lutte pour la vie,

La pierre de sa pipe tiédit.

Lorsque la hache de la guerre rougeoie,

Le calumet de la paix reste froid :

On ne trouve pas deux sources chaudes en un seul endroit.

 
Que les choses soient claires !

Entre la fume et la guerre,

Y'a pas de mystère,

C'est le calumet que l'Indien préfère.

par Joanne A.H.
ajouter un commentaire recommander commentaires (1)   
Mardi 6 mai 2008



D'une rencontre vient le mélange
Flamme rouge, flamme jaune,
Ensemble donneront les couleurs de l'automne.
Mais pour l'instant, les fées de pigments n'ont qu'à bien se tenir!
par Joanne A.H. publié dans : Billets communauté : Vidéo-arts
ajouter un commentaire recommander commentaires (0)   
Lundi 5 mai 2008
(Sans trucage)

par Joanne A.H. communauté : Interlignes
ajouter un commentaire recommander commentaires (1)   
Jeudi 17 avril 2008

Mercredi 16 avril, à la Maroquinerie, dans le quartier le plus Méditerranéen de la capitale, à Ménilmontant, dans les altitudes Parisiennes. 
Hier soir donc, le Clan de la Watcha a balancé ses Bonnes Vibrrrrrrrrrrrations!, comme les vagues successives de la Grande Bleue.

Un mot, s'il n'y en avait qu'un?


JUBILATOIRE!!


Oran, Agadir, Barcelone, Marseille, Paris...
Accents du Sud, entre Espagne et Afrique du Nord.
Influences ethniques des peuples aux bordures de la mer du Milieu.
Chants en langues arabe, hébreu, espagnol, français, anglais.


Le projet de la Diaspora Hi-Fi.


Un rêve de musique réunissant les cultures dispersées, des peuples de la Diaspora.
Une musique nourricière, comme la Terre qui ne connait ni politique, ni race.
Là où notre identité, parfois si lourde à porter, redevient légère, fière et belle quand elle portée et élevée par cette Eclate-là!



La chanteuse: Sister K. Belle, talentueuse,
LIBRE, LIBRE, LIBRE, LIBRE!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Le son: du pur electro, en ballade...


 

 

 

par Joanne A.H. publié dans : Billets communauté : Interlignes
ajouter un commentaire recommander commentaires (3)   
Lundi 14 avril 2008



GuerreS.

Combien de conflits armés?

GuerreS plurielles.

Ceux qui se battent,

Ceux qu'on massacre,

Ceux qui se cachent.

 

PaiX.

"Veuillez signer au bas de cet accord"

Paix singulière, paix sans S,

Mais qui de son X, désigne que la route est barrée.

Il y a les vaincus, il y a les vainqueurs,

Les prochains envahisseurs.

 

InjusticeS

Silence radio,

Pas une ligne versée,

Gorge serrée,

Mutisme et violences s'incluent dans les trous noirs des bouches criantes.

 

Guillemets ouverts, j'écris,

À ceux qui ne pourront jamais fermer la parenthèse de la souffrance,

Entre crochets fermés, j'ai honte.

par Joanne A.H. publié dans : Billets
ajouter un commentaire recommander commentaires (4)   
Jeudi 10 avril 2008



Tout le monde connait cette expression, si fréquemment employée par les meilleures ménagères, dans les rayons produits d'entretien de nos supermarchés?

Je crois pouvoir vous en donner son origine.
Au fait! À l'heure où je vous parle, les femmes qui m'ont élevée, mère, tantes et autres Rabbanits (épouses de rabbins), s'affairent à écumer de fond en comble leur demeure, afin que pour le jour J, tout soit prêt. Mais pour l'heure, c'est le vrai Ramdam!

Donc, pourquoi le nettoyage de printemps se pratique-t-il au printemps? Pour des raisons logiques, parce que l'hiver passé, on ouvre grand, portes et fenêtres, et à coups de seaux d'eau, on s'y met à coeur joie…

Passée cette considération, c'est à l'origine les juifs qui, une fois l'an, avant la fête de Pessa'h, nettoient scrupuleusement leur demeure comme l'ensemble de leurs propriétés, corps et biens. Dans ce Tohu Bohu que devient leur intérieur pendant le mois qui précède cette fête, l'objectif est d'enlever de chez soi, toute trace de blé levé, dit 'Hametz en hébreu. Les raisons à cela sont mystiques et religieuses. Ce 'Hametz qui grossièrement se compose de pain, miettes, et de céréales, se traduit sur le plan symbolique, de manière plus complexe.

Si durant une année on accumule biens et poussière, on superpose aussi dans son esprit autant de couches d'immobilisme et de sédentarité. Dans cette confortable dimension de l'Avoir, l'homme s'éloigne de son être. Alors une fois l'an, on déplace les meubles, on renverse les sens, afin de se rendre symboliquement, à la vie de son Etre.

L'Etre ou ce grand souffle incertain et nomade…

 

Si vous vous baladez un jour du coté de la blanche Jérusalem, en cette période de l'année, ne vous étonnez pas de trouver sur votre chemin, des maisons ouvertes, d'où s'envolent les effluves des produits ménagers. A quelques jours de la fête de Pessah, qui commémore la grande libération du peuple Hébreu de l'esclavage en Egypte, hommes, femmes et enfants s'agitent en cadence.

Concert pour percussions du grand Balagane!

Structuré. Les familles s'organisent autour des pièces nettoyées.

Comique. Les locaux à ordure débordent de vieux éviers, tandis que les fabricants de cuisines aménagées se frottent les mains.

Dramatique pour ceux qui font la queue aux urgences. Celle-ci a une jambe cassée, due à une mauvaise chute d'échelle; elle voulait juste passer un coup d'éponge sur le plafond, oui mais voila, "mon bras n'était pas assez long". Celle-là s'est aspergée de la Javel dans les yeux; elle a dû frotter un peu trop vigoureusement le fond du frigidaire…

Ils n'ont pas l'air très frais, les juifs à la veille de Pessah! Oui, on veut bien croire que l'esclavage a été long. 400 ans en Egypte, à tailler les pierres, à les hisser jusqu'aux sommets des pyramides, à fabriquer le ciment avec la paille et la chaux, des jours durant sous le soleil aveuglant de l'Afrique orientale…

Fourbus, épuisés, je les retrouve année après année, mes mères et pères, fatigués mais heureux de goûter à chaque nuit de Pessah, à l'événement démultiplié dans le temps, de la sortie d'Egypte.


Pour ma part, je suis née durant cette nuit fantastique. Peut être qu'il y a longtemps que mon âme rejoue cette fiévreuse sortie d'Egypte, et qu'au bout du désert et de l'Exode, il y a une terre promise...

En tout cas, j'y crois encore.

par Joanne A.H. communauté : Interlignes
ajouter un commentaire recommander commentaires (1)   
Mardi 8 avril 2008

Conte urbain.
Cité de D.ieu,
Cour des miracles,
De Compton à Montfermeil,
Elle est longue la liste,
De la planète des Ghettos!

Bien content de sortir enfin la tête de la Caverne des Elysées.
Les vrais héros, héros du Vrai, sont à l'Affiche.
Les Indestructibles, on vous les montre enfin!
Ceux contre qui le Karcher des présidents ne sert à rien.

Regarde les! Comme ils grimacent et singent la vérité
Ni statues de sel, ni anges dorés,
Les enfants de l'ombre sèment la terreur chez les bonnes gens
Et c'est vrai qu'ils sont pas trop mignons, ces jeunes là


Mais regardez-les bien, mignons ou pas,
Dans ces yeux là, c'est la vie toute entière,
La vie qui bat son implacable rappel



De Compton à Montfermeil,
Hier à Varsovie, aujourd'hui au Darfour,
Les enfants des ghettos sont la chair de notre chair
Les Anges, les vrais, invisibles mais réels, s'allongent sur leur ombre

Que D.ieu les protége.

par Joanne A.H. publié dans : Billets communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
ajouter un commentaire recommander commentaires (3)   
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus